Il apprend la lithographie aux Beaux-arts de Nîmes.
A partir de 1922, il s'installe à Alger, travaille en indépendant pour différents journaux auxquels il donne des dessins humoristiques.
II circule dans la Casbah, à Bab-el-Oued et dans les alentours du port pour saisir sur le vif les attitudes des types populaires qui seront toute sa vie son sujet d'études, avec le folklore algérien en général.
Il se lie avec Launois et Étienne Bouchaud, passionnés comme lui par le peuple d'Alger
Brouty devient l’illustrateur de la littérature algérienne après sa participation au livre de Lucienne Favre, « Tout l’inconnu de la Casbah d’Alger ».
Sa bibliographie comptera plus de vingt ouvrages. Il donne également son dessin quotidien à l’Écho d’Alger et voyage pour des reportages dans toute l’Algérie.
Il peint uniquement à l’eau car la fluidité de cette technique lui permet de conserver la spontanéité de son trait.
En 1929, son projet de timbre pour le centenaire de l’Algérie est adopté. Il est chargé de la décoration du café maure au pavillon de l’Algérie à l’Exposition Coloniale de 1931, décore les Pavillons de l’Algérie à la Foire de Bruxelles de 1937. Il obtient en 1933 la bourse de la Casa Velasquez. Le Grand Prix artistique de l’Algérie et la médaille d’Or des Peintres orientalistes français consacrent son talent en 1934.
Dessinateur de timbres
En 1925, il apprend (sans doute par son ami Hagel) que le service des Postes recherche des dessinateurs pour la première émission de timbres spécifiquement algériens. Jusque -là, les lettres étaient affranchies avec des timbres de métropole, portant ou non la mention "Algérie" en surcharge.
Le jury, présidé par monsieur Cauvy, peintre lui-même, et directeur de l'école des beaux-arts d'Alger, n'a que l'embarras du choix tant les projets qui lui sont adressés sont nombreux et de qualité. Il décide que, dans les projets à retenir, deux seront l'œuvre de métropolitains et deux autres d'artistes algérois. La valeur artistique des œuvres présentées rendait la sélection très difficile.
Après de laborieuses discussions et de multiples votes, sont retenus les dessins de Charles Brout y et celui d'Antonini, d'Alger, de Waltremetz et de Montades de métropole. Trois de ces artistes avaient opté pour le petit format, représentant la Kasbah d'Alger (Montades) la mosquée Sidi Abderramane d'Alger (Waltremetz), la mosquée de la Pêcherie d'Alger (Antoni), et Brout y avait choisi le grand format, une sorte de triptyque délimité par de fines colonnes surmontées de trois arcs outrepassés de style mauresque, se détachant en contre-jour sur une vue de la ville et du port, prise des coteaux de Mustapha. Les autres ont fixé ses lieux familiers, la Kasbah, la Pêcherie, Charles a préféré l'élégance précise une architecture et l'ouverture sur l'infini.
Contrairement à l'usage, son nom ne figure pas au bas du dessin. Nous en connaissons la raison grâce aux souvenirs de monsieur Gras, alors receveur d'Alger-Principal, et qui assurait les fonctions de secrétaire du jury.
Les premiers timbres-poste devaient comporter, au bas de chaque figurine, l'indication des noms du dessinateur et du graveur, conformément au règlement en vigueur pour les timbres-poste français. Or, le timbre dessiné par Montades, représentant la rue de la Kasbah d'Alger, ne comportait pas ces renseignements, pour des raisons ignorées du service algérien.
Afin de ne pas désavantager Montades, le service algérien demanda à l'atelier de fabrication des timbres de supprimer les noms portés sur les trois autres. Ce qui fut fait".
La célébration du centenaire en 1930 l'émission d'une série de quatorze timbres. Celui de Brouty n’y figurait pas.
Il avait été remarqué par l’administration métropolitaine qui souhaitait s’associer à cette célébration. Brouty, sollicité fournit la maquette et le beau timbre bleu fut réédité et diffusé dans toute la France. (Numéro 263 Yvert et Tellier) La mention « Postes Algérie » avait été remplacée pour l’occasion par « Centenaire de l’Algérie ».


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